LE SITE DU DESSINATEUR OLIVIER QUÉMÉRÉ

Août 2009

Avant-propos

Bienvenue sur le site de l’auteur de bande dessinée et illustrateur Olivier Quéméré. Vous y trouverez l’essentiel de dix années de recherches narratives et graphiques ainsi que quelques informations biographiques et bibliographiques.
Si vous souhaitez découvrir les travaux les plus récents ou en cours d’élaboration, il vous suffira de cliquer sur le lien Laboratoire.
(Dessin : Edmond Baudoin)

 

GENÈSE D'UNE OEUVRE...

Novembre 2001

...par Daniel Fano

"Il vivait seul. Terriblement seul, mettons. En tous cas, ses soirées, il préférait ne pas les passer chez lui. Il allait dans les bars, les bistrots. Non pour oublier, mais pour se souvenir : de choses vues ou entendues. Il emportait chaque fois un carnet où il notait des bribes de conversations surprises, ou il croquait en dessins rapides des attitudes et des situations spécifiques, des épiphanies en quelque sorte. L'atmosphère générale rappelait vaguement Le Bar à Joe de Munoz et Sampayo. Le trait, lui, semblait d'un émule de Baudoin. Le dispositif de la voix off sous les images renvoyait apparemment à Loustal. Apparemment. Pas sûr. Par contre, Olivier Quéméré, comme nombre d'artistes de sa génération, est postmoderne : il rejoue des éléments de la culture contemporaine. Ainsi, il choisit d'utiliser pour décor l'escalier du port de commerce de Brest parce que c'est le seul décor naturel qu'on voit dans le film Remorques. Au bistrot relevait du reportage (Olivier Quéméré se signale par une démarche analogue dans ses vidéos). Fin de journée tient du journal intime (…) on est en pleine autofiction. L'amour apparaît en l'occurrence dans toute sa fragilité, on devine la fêlure en action, quoique encore invisible. Les thèmes de l'ennui et de la fatigue d'exister s'entrecroisent dans un quotidien usé, dégradé. On n'est pas si loin de Pavese, de Scott Fitzgerald, ou encore du Mépris, pas dans sa version romanesque signée Moravia, si lourde, mais dans sa version cinématographique sublime, signée Jean-Luc Godard. On a connu des talents moins prometteurs."

Daniel Fano